D'Hippocrate à Hypocrite : rugby total - rugby de mouvement.


Ce qu'il y a de fabuleux dans ce petit moment d'égarement de la planète ovale française qu'est "l'affaire" des corticoïdes au Racing92, c'est la vitesse avec laquelle le village assailli se protège.

Dans l'attente du verdict de la commission de première instance de lutte contre le dopage de la FFR, toutes celles et tous ceux qui vivent du, autour, grâce et/ou sur le dos du rugby se liguent avec beaucoup de véhémence pour défendre non pas, bien sûr, la santé des acteurs mais bien davantage le business du Top 14, voire des rencontres internationales.


Rassurez-vous, dans quelques semaines, les arguties juridiques et la qualité des avocats du Racing92 auront tôt fait de balayer les dernières vaguelettes de "l'affaire" et renverront l'ami Bénézech et consorts à leurs chères études, voire nous assisterons au délicieux passage du statut de coupable à celui de victime

Mais, n'étant pas assis sur cette fameuse branche qu'il convient de ne surtout pas scier, selon l'expression consacrée, je me sens d'autant plus libre (c'est une chose rare dans ces milieux) de m'étonner de la tonalité de certains propos.


Le comble du spectacle burlesque est, à mes yeux, l'intervention du Docteur Christian Bagate, responsable de la lutte anti-dopage à la FFR, dans l'émission Stade 2 du 9 octobre 2016 ; certes, cette émission a beaucoup perdu de son audience et semble de plus en plus inadaptée aux enjeux médiatiques actuels mais il n'en demeure pas moins vrai qu'elle symbolise quand même une identité.


Que nous raconte donc ce médecin, sans doute, malgré lui : tout simplement qu'il justifie le recours à des produits dangereux, que sont notamment les corticoïdes, pour la santé de l'Homme (avant l'athlète, peut-être quand même ?) par rapport à l'importance de l'événement.

Je cite : "Il s'agit d'une finale, pas d'un match de saison...des matchs comme ça, un joueur n'en a qu'un par an, parfois un seul dans sa vie" ; "ben voyons" donc, prenons donc des corticoïdes en fonction de l'événement et de l'enjeu et légalisons, de ce fait, le dopage car des rencontres absolument sans enjeu sont quand même denrées assez rares dans le monde professionnel et ce quelle que soit l'activité.


D'ailleurs, pourquoi s'inquiéter, mon cher Docteur, puisque cela existe depuis une éternité.

Je cite : "Je suis dans le rugby depuis 1964 et je peux vous dire que j'ai toujours entendu qu'une finale ou une demi-finale était jouée sous corticoïdes" : ce message est sans doute adressé à toutes celles et tous ceux qui nous "bassinent" à longueur d'années avec les valeurs du rugby, le sport propre et toute autre fadaise du même acabit.


Fort heureusement dans ce marigot nauséabond, quelques voix médicales osent tirer la sonnette d'alarme. Je cite : "L'usage de corticoïdes entraine l'effondrement de la cortisolémie, ce qui signifie qu'on déprime les glandes surrénales ; or ce sont elles qui font réagir le corps en cas de choc physique ou de stress. Si elles n'agissent pas, il n'y a pas de mécanisme de défense du corps... en rugby, vous imaginez !" (Docteur Gérard Guillaume, L'Equipe, du 8 octobre 2016.)


Ethique médicale et business du Top 14, vaste chantier sans doute mais au bal des hypocrites, le rugby sera assurément en vedette américaine.









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