Gymnastique sportive : arrêter le massacre des innocents (tes) !




Attablé en ce samedi midi pour déguster mon "p'tit" café et profiter des premiers rayons de soleil un peu sérieux, j'ai bien failli faire venir de sombres nuages en parcourant le reportage de L'Equipe Magazine (n°1810) consacré aux procès en cours du Docteur Larry Nassar, chargé depuis le milieu des année 90 du "suivi médical" des gymnastes américaines du camp d'entrainement des sordides Karolyi (Bela et Marta), véritable bagne pour forger des médailles olympiques.


Les témoignages des athlètes qui réussissent enfin à parler donnent la nausée ; certes, le monde du sport n'est pas le seul lieu d'expression de la pédophilie : l'Eglise catholique avec des siècles de retard et l'Ecole du bout des lèvres commencent enfin à lever discrètement le voile sur ces ignobles pratiques.


Mais au-delà des dégâts irrémédiables causés à ces adolescentes américaines, force est de constater que la Parole libérée n'est pas encore la Règle dans tous les pays et dans tous les sports ; croire, en effet, que le sinistre sort de ces athlètes américaines ne serait qu'une malencontreuse exception serait une légèreté intellectuelle condamnable.


Bien plus, derrière ces crimes et ces viols, c'est la "vie" dans l'enfer de ces lieux de production de dérisoires performances humaines qui fait tout aussi peur depuis tant d'années en dépit de l'omerta qui règne pour éviter les fuites et préserver l'illusion : "l'environnement au ranch était si tendu, si négatif...Tout était bâti autour de la peur et de l'intimidation. On ne parlait pas. On n'était pas supposées s'amuser ; on avait peur d'avoir des problèmes si on parlait ou si on riait...Parfois, certaines d'entre nous se faisaient engueuler simplement parce qu'elles souriaient au mauvais moment" *


Là aussi, rien de bien nouveau au royaume enchanté de la gymnastique sportive planétaire : combien d'articulations détruites à vie, combien de jeunes adolescentes maltraitées psychologiquement derrières des corps malingres, décharnés, maquillés comme de vulgaires péripatéticiennes forcées à crisper les lèvres pour ébaucher un sourire de circonstance.

Et tout ceci pour le plaisir de quelques ventripotents affalés dans leur canapé et/ou dans les arènes du Cirque olympique mais surtout, bien évidemment, pour les dollars de tous acteurs complices de ce business.


Le pire, si tant est que ce soit possible, est que cet état d'esprit anxiogène diffuse aussi dans les gymnases poussiéreux des arènes locales, départementales, régionales et, comble du désastre, des fédérations sportives scolaires pour, dans ce dernier cas, la seule et unique décoration de l'armoire à trophées de quelques chefs d'établissement et de "profs de gym" en mal de reconnaissance, infligeant aux adolescents (tes) les conséquences néfastes de leurs "carrières" sportives personnelles ratées.


Que jeunesse roule, tourne, grimpe, vole et saute plus haut, plus loin, plus vite mais pour la seule et unique satisfaction de la sensation éprouvée en condition optimale de bien être et de sécurité : brûler tous vos codes de pointage archaïques, vos principes militaires, vos défilés ringards, vos rigidités pathologiques, vos costumes de majorettes, vos maquillages de supermarché, vos classements obsolètes et laisser respirer ces adolescentes plutôt que de les utiliser pour ensuite les jeter seules et détruites sur le "praticable" lorsque les corps de femme ne correspondent plus à vos fantasmes de réussite personnelle.






* Jamie Dantzscher, médaillée de bronze par équipes aux jeux olympiques de Sydney (2000), in L'Equipe Magazine, n°1810, 25 mars 2017.







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