Le grand blond avec une "patte gauche" nous a quittés...

En ce mercredi 2 novembre 1977, c'est un convoi de 2CV qui était parti guilleret en direction de Lens, en dépit d'une pluie continuelle que les archaïques et improbables essuie-glaces ne parviendraient jamais à pleinement évacuer.

Mais rien ne pouvait arrêter notre joyeuse bande d'étudiants en éducation physique et sportive de l'UER EPS de Lille pour ces voyages au bout des nuits de Bollaert.

Qui plus est pour un événement suffisamment rare pour qu'il soit apprécié : remonter deux buts (0-2) à la Lazio pour vivre ensuite un 1/8° de finale de la Coupe de l'UEFA.


Même si l'armoire à trophées du Racing n'égalera jamais celle du Réal et de tant d'autres Institutions du football européen, nous garderons à jamais, précieusement enfouie dans notre mémoire émotionnelle, cette soirée humide où les "Sang et Or" humiliaient les "Biancocelesti".

Nous étions sur le toit de l'Europe : Pierre Cangioni, associé à Jean Raynal, faisaient vibrer à distance la France entière et mon belge de Père, resté confortablement assis dans le fauteuil du salon !


Associé à Flak en défense centrale, tu ne pouvais pas ne pas être de cette équipe, "mon cher Daniel", toi qui as participé à tous les exploits et tous les drames de cette période de l'Histoire lensoise. Je suppose tu entends encore et toujours ce refrain chanté sur l'air des lampions : " Djebaili...Djebaili...Djebaili...!!" pour célébrer les deux buts (117°-119°) de ce joueur virevoltant qui donnaient à cette victoire une dimension surnaturelle.

C'était le Lens que nous aimions et, ce soir-là, Leclercq, Six, Marx, Bousdira, Françoise, Krawczyck (Elie-75°), Sab (Djébaili-(94°), Joly, Flak, Hopquin et Tempet étaient, à nos yeux, les meilleurs footballeurs de la planète, même si la défaite contre Magdebourg au tour suivant et la descente en Ligue 2 durant la même saison nous feront rapidement redescendre de notre immature piédestal ! Combien sommes-nous encore aujourd'hui à avoir vécu ce moment dans les tribunes ?


Les années ont défilé et les vicissitudes inhérentes à l'Histoire des clubs de football ont drainé d'autres émotions : des joies, des peines, des exploits, des contrariétés, des abandons, des bouderies et des désillusions.

C'est encore toi, "mon cher Daniel", qui, sur le banc cette fois, nous as offert avec brio un titre de champion de France (1998) et une Coupe de la Ligue (1999). Tous les consultants, journalistes et experts de la période reconnaissent, sans la moindre hésitation, que ton équipe était offensive et belle à voir jouer.


En cette fin novembre 2019, à l'approche des 63 ans et à quelques mois de la retraite, la pluie est toujours aussi détestable et sinistre mais les essuie-glaces, aussi perfectionnés soient-ils aujourd'hui, ne pourront rien faire pour atténuer les larmes qui se mêlent aux pluies autour de Bollaert.

Le club est certes provisoirement en tête de la Ligue 2 mais les énièmes perspectives de remontée dans l'élite du football français sont passées sous silence car tu as décidé de t'échapper définitivement avec la timidité et la discrétion qui te caractérisaient.


Le Racing ne vient pas seulement de perdre l'une des plus belles "patte gauche" de son Histoire ; il a surtout perdu un Humaniste, un Éducateur exigeant, un Professionnel rigoureux et un Philosophe du "beau jeu" de la balle aux pieds pour qui l'individu devait s'effacer derrière le collectif et qui n'envisageait jamais le résultat sans la manière.


Salut le Druide ! À jamais dans nos coeurs !










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