Football-business : l’éternelle médiocrité des clubs français à l’étage européen.





Tant à l’échelle nationale qu’européenne, il faut toujours conserver en mémoire que les analyses d’août-septembre peuvent aisément se fracasser sur les cols hors-catégories qui s’échelonnent de février à juin pour distiller les hiérarchies et répartir les trophées.

Vigilance d’autant plus nécessaire cette saison puisque la Coupe du Monde au Qatar viendra perturber, entre le 20 novembre et le 18 décembre, l’ordre traditionnel des montées en gamme et que nous ignorons, à ce jour, dans quel état physique, psychologique et émotionnel, les acteurs majeurs du Tournoi entre les Nations retrouveront le quotidien de leurs clubs respectifs pour l’épuisant enchainement des ultimes difficultés vers le Graal.


Une fois établie cette indispensable prudence qui rendra, peut-être, ce texte obsolète, force est néanmoins d’observer la réalité concrète des premières joutes européennes livrées par les clubs de Ligue1 durant cette semaine de septembre 2022.


Excepté, et heureusement, le PSG assez facile vainqueur (1-3) d’un club israélien (Maccabi Haïfa FC), sans apporter, par ailleurs, la moindre réponse aux légitimes doutes engendrés par le système « technico-tactique » mis en œuvre et la gestion humaine des rotations au sein de l’effectif, tous les autres (Marseille, Monaco, Rennes, Nice, Nantes) n’ont guère brillé, loin s’en faut (trois défaites-deux nuls) face, et c’est le plus dramatique, à des adversités aux budgets moindres, aux championnats peu influents ou très mal classées dans un championnat majeur (Eintracht Francfort / Allemagne, Ferencváros TC/ Hongrie, Fenerbahçe SK / Turquie, FK Partizan Belgrade / Serbie, Qarabağ FK / Azerbaïdjan).


S’il ne s’agissait que d’épiphénomènes saisonniers récurrents, à l’instar d’un Réal Madrid, éternellement « poussif » en ces mois d’automne avant de déferler sur le Vieux Continent pour gaver l’armoire à trophées, nous pourrions envisager avec optimisme que l’adage introductif mérite toute notre attention mais il apparaît plus qu’utopique d’espérer voir ces clubs dans les derniers carrés des trois compétitions majeures ; le bûcher nous attend peut-être mais l’Histoire de ce Jeu est malheureusement de notre côté.


Certes, de réjouissantes épopées européennes jalonnent l’Histoire (Reims, Saint-Etienne, Bastia, Marseille, Bordeaux, Lyon, Monaco, Paris, j'en passe et des moins bonnes), et ont réussi à créer momentanément un certain enthousiasme national, bien au-delà des sectarismes des ultras locaux mais la densité de trophées gagnés au moment des comptes est assez minimaliste, voire parfaitement ridicule : une Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupe, la moins relevée des trois de l’époque, en 1995-1996, avec le PSG et une Ligue des Champions, en 1992-1993, avec l’OM, nonobstant les ombres du « système Tapie » qui entacheront à jamais cette prouesse sur le terrain.

Ce bilan cataclysmique est bien mis en valeur lorsqu’il est juste d’affirmer que, par exemple, le RSC Anderlecht (Belgique) possède à lui seul plus de trophées européens que TOUT le football français réuni.


Amer constat que les années qui défilent ne semblent jamais remettre en question.

Il n’existe, bien sûr, aucune fatalité et rechercher des motifs ésotériques reviendrait à détourner le regard des véritables raisons qui sont, à nos yeux, une alchimie complexe entre plusieurs ingrédients, sans la moindre hiérarchie dans notre présentation mais qui produit, années après années, cette indigente réalité, dont nous espérons, bien sûr, la fin la plus rapide possible, quitte à ce qu’il faille brûler l’article et/ou l’auteur :


- Une arrogance « française » manifeste face à des adversaires réputés plus faibles.

- Un championnat, où le gagne-petit, même si d’éphémères soubresauts nous réjouissent, du « point donné » au début de la rencontre l’emporte sur le désir de conquête et de déséquilibre offensif.

- Des joueurs faibles ou très moyens, surcotés et payés rubis sur l'ongle.

- Des cellules de recrutement sous dimensionnées et très peu ouvertes sur l’ensemble de la Planète football.

- Un sentiment peu développé de représenter sur « l’herbe verte », un Club, une Histoire, une Ville, un Pays, un Peuple.

- Une insuffisance de la préparation physique générale, exprimée par tous les joueurs qui quittent la Ligue1 pour des championnats majeurs.

- Un manque de Culture tactique.

- Un arbitrage "psycho-rigide" qui n'aide pas à préparer les combats européens.

- Une individualisation du rapport au Jeu qui fait oublier que c’est dans le dépassement de fonction au strict service du collectif que s’écrivent les plus belles histoires.

- Une fragilité de l’Autorité au sein des clubs.

- Des directions où la Culture football est médiocre, voire absente.


Seule une remise en question générale dans l’ensemble de ces directions, non limitatives, bien sûr, nous semble un préalable à une véritable inversion de tendance dans la durée qui permettrait aussi d’éviter de se cacher derrière des calculs d’apothicaires qu’un éventuel joli parcours, voire un succès du PSG dans la Coupe « aux grandes oreilles » viendraient un peu plus conforter !


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