Lionel Messi au Qatar FC : un énième coup marketing ou un brillant coup footballistique ?



Nonobstant le fait que le niveau de salaire évoqué dans la Presse pour attirer et s'offrir ce génie de la balle aux pieds, dont le nom restera à jamais inscrit dans tous les livres d'Histoire de ce jeu, heurte ma sensibilité subjective personnelle, force est de constater que le transfert de Lionel Messi donne une ampleur particulièrement conséquente au projet politico-sportif du Qatar.

Rassurez-vous ma sensibilité personnelle s'en remettra puisqu'il n'y a strictement aucune trace de jalousie, juste un léger malaise qui s'étend également, j'en conviens, à d'autres chantiers de la tribu des sports en général et aussi à celle des dirigeants d'empires économiques internationaux.

Des ricaneurs me feront, à juste titre, concéder qu'il n'a strictement rien volé, à part, à priori, le fisc espagnol, et encore, qu'il fait aussi vivre un réseau personnel et que l'État français devrait réussir, enfin j'espère, à récupérer quelques dollars bien utiles pour le renouveau, entre autres dossiers urgents, de l'hôpital public.


L'arrivée de cette icône du Jeu, que j'aurais préféré admirer, romantisme oblige, jusqu'à la fin de sa carrière au FC Barcelone, impulse des retombées marketing indéniables pour de multiples acteurs et, en premier lieu, bien sûr, pour le "Club-État" du Qatar-Paris-Saint-Germain.

Par ailleurs, l'ensemble des réseaux économiques qui tourne autour du produit football français, pourtant assez mal conçu et commercialisé ces derniers temps, ne peut qu'inévitablement se réjouir des prestations à venir de cet artiste sur les pelouses de la Ligue 1 du championnat de France.


Une fois appréhendé l'aspect économique de cette affaire, qu'en est il de la réalité du jeu, indéniablement beaucoup plus complexe à élaborer dans le temps qu'un exercice comptable ? Sauf catastrophe industrielle majeure, cet effectif cosmopolite, qui va représenter l'État du Qatar à Paris, devrait largement suffire à dominer le championnat et à éviter une burlesque seconde année d'échec pour le titre ultime. Certes, des adversaires potentiels semblent enfin s'orienter vers une amélioration de leur conception du jeu mais envisager une nouvelle désillusion me semble assez improbable, sauf à être un adepte des "grosses" cotes sur les sites de paris sportifs. Même avec les difficultés récurrentes pour maintenir éveillé tout ce petit monde d'enfants très gâtés dans les torpeurs de l'hiver à Clermont, Troyes, Metz, et consorts, suffisamment de brillants joueurs composent le vestiaire pour brandir le trophée national à la fin du printemps, voire la vieille Coupe de France. Reste maintenant, le Graal absolu revendiqué haut et fort dès l'arrivée des princes du désert à Paris : la quête de la Ligue des champions !

Au-delà des aléas et des incertitudes liés à la constitution des poules et, ensuite, aux parcours plus ou moins compliqués à effectuer dans le tableau final à élimination directe, le club de la capitale française a quelque peu amélioré son niveau, échouant néanmoins à chaque fois contre des adversaires différents sur les mêmes registres, pourtant éternellement indispensables aux succès en matière de sports collectifs, quel que soit le niveau de pratique : force collective, abnégation, projet de jeu, solidarité, dépassement de fonctions, mise en sommeil des égos sur l'autel du groupe, hygiène de vie...etc...etc...

L'arrivée de Lionel Messi pourra-t-elle inverser cette détestable tendance ? C'est toute la question. Ce joueur est un modèle d'exigences sur le terrain et en dehors ; la lecture de son palmarès plaide en sa faveur mais il a aussi toujours évolué dans des effectifs qui travaillaient brillamment et énormément pour et autour de lui afin de le laisser créer, inventer, imaginer, dominer, faire gagner. Rares sont les génies capables de mettre un collectif à leur disposition ; Messi est un génie ! Mais quand l'effectif barcelonais n'avait plus la consistance des années de feu, tout Messi qu'il est, les montagnes résistaient ; retracer les parcours du FC Barcelone en Ligue des Champions de ces dernières années suffit pour s'en convaincre.

L'effectif de stars et de starlettes parisien me semble totalement déséquilibré et, la simple observation des lauréats de toutes ces dernières années montre, à l'évidence, que si l'argent-roi et les talents sont bien présents, l'équilibre des groupes-équipes reste néanmoins une absolue nécessité pour gagner la "Coupe aux grandes oreilles" dans sa version actuelle.

Messi n'a jamais défendu et il ne défendra jamais, qui plus est en vieillissant mais à Paris, ils sont, à mes yeux, très nombreux à revendiquer cette faveur ultime,....un peu trop d'ailleurs, je pense !


Wait and See mais il est sûr qu'il faudra bien plus qu'un manager-entraineur pour faire jouer ensemble ce groupe de garçons, parfois immatures, en culotte courte ; nous nous rapprochons, par moments, de l'expertise d'un professionnel de la psycho-thérapie ! Point d'inquiétude, l'argent du gaz devrait permettre de trouver le meilleur !

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