Tour de France 2025 : Tadej Pogacar, le meilleur cycliste de tous les temps ou l’escroquerie Lance Armstrong revisitée ?
- François HOCHEPIED-

- 22 juil. 2025
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- François HOCHEPIED, Agrégé d’Education Physique et Sportive, Docteur en Sciences de l'Education -
" Le doute est un hommage que l'on rend à la Vérité " - Ernest Renan -
Être le fruit d'une relation amoureuse, Paix à leurs Âmes, qui s'est nouée dans les gênes et dans l'espace entre le "triangle d'Or" (Lille-Roubaix-Tourcoing (France), le Hainaut occidental (Belgique) et la province de Flandre occidentale (Belgique) impose généralement de commencer son tortueux chemin de Vie sur un vélo !
Je n'ai pas dérogé à la règle et, en cette soixante huitième année quasiment échue, le Tour de France a réveillé des sentiments mêlés qui prennent essentiellement racines dans l'adolescence et la petite enfance.
Comme pour Paris-Roubaix, mes premiers souvenirs précis qui reviennent très facilement à la surface sont ceux de la grande boucle de 1967, j'ai dix ans, avec la victoire finale de Roger Pingeon (France).
Ce Tour 1967, effectué à la moyenne de 34,756 km/h, est malheureusement resté dans les mémoires en raison de la mort tragique du Britannique Tom Simpson lors de l'ascension du mont Ventoux.
Dimanche 27 juillet 2025, se terminera donc mon 58° « Tour de France sur canapé », dont très peu d'étapes m'ont échappé, même si avec les années qui défilent beaucoup trop vites, internet, les ouvrages de références et les revues spécialisées m'aident régulièrement à remettre de l'ordre dans la continuité des événements.
Il faut bien avouer aussi que la magie inaugurale a été particulièrement abimée au tournant des années 1990, d'une part, par les scandales du dopage structurel qui transformait, plus qu'il n'accompagnait au-delà de la limite, les talents hors-normes de ces athlètes et, d'autre part, parce que j'ai toujours davantage été un amateur de courses classiques, selon l'expression consacrée,...toujours dans le canapé ! En effet, même si mes aventures cyclistes personnelles ont permis d'assouvir pleinement ma passion dans les contrées du Nord-Pas-de-Calais, de la Belgique puis de la région parisienne, tout en menant des études universitaires où l'indispensable éclectisme "sportif" était la règle pour la partie pratique, elles ne parlent absolument pas du même sport que celui pratiqué par l'élite du cyclisme-business professionnel.
Cette minuscule tribu pratique un jeu que personne ne peut appréhender sérieusement s'il n'a pas été lui même plongé dans la jungle que représente le peloton professionnel, qui plus est sur le Tour de France et/ou les "Monuments" (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et Tour de Lombardie).
Force est néanmoins de reconnaitre qu’en dépit d’un parcours parfaitement bien tracé, cette édition 2025 a rapidement manqué d'intérêt au regard de la domination outrancière du probable vainqueur, Tadej Pogacar. Certes, il reste encore quelques jours de courses particulièrement corsées mais sauf chutes ou coronavirus, il faudrait être un adepte des paris très risqués pour envisager un retournement de situation.
D’autant plus que l’épouse du seul adversaire crédible, Jonas Vingegaard, a réussi à gâcher des mois de préparation collective par quelques humeurs féminines livrées à une presse toujours prête à exploiter ce genre de saillie.
Rassurez-vous, nous avons été trop souvent « cocufiés », depuis les origines vécues et/ou lues, pour nous laisser aller à une profonde extase face à ce jeune slovène, Tadej Pogacar qui, en ce premier quart de 21°siècle, rejoue pourtant dans un contexte international complètement différent, les partitions de l’icône de ma jeunesse, un certain Eddy Merckx, en écrémant tous les adversaires sur tous les terrains de janvier à octobre.
Alors, maintenant ?...Nous sommes bel et bien perdus, d'autant plus que le manager de son « Équipe-État » (UAE-Team Emirates), Mauro Gianetti, a déjà été pris avec les deux mains dans le pot de confiture, que ce soit comme coureur puis comme manager !
C'est même un véritable miracle qui lui permet d'être encore de ce Monde aujourd'hui, tant il avait dépassé les limites du supportable pour le corps en matière de dopage.
Il est évident que Monsieur Tadej Pogacar est une véritable aubaine pour le cyclisme-business professionnel : jeune, très élégant sur le vélo, complet dans toutes les dimensions de l'activité, humble, très abordable dès la ligne d'arrivée franchie et, surtout, adepte d'un cyclisme qui ose, entreprend, attaque et ne calcule pas, ou si peu !
Mais derrière cette très belle vitrine pour un sport criblé de scandales à répétition, nous craignons toujours un envers du décor qui rattraperait par le coin de l'oreille cette euphorie momentanée ; en effet, l'-observateur-passionné-pratiquant- de cyclisme est un véritable sceptique de Culture, de Lectures et de Vécus et si la preuve de culpabilité peut toujours être apportée, celle de l'innocence est quasi impossible.
"Wait and See" !...Mais tous les éducateurs qui consacrent temps et énergie au cyclisme, n'auraient vraiment pas besoin d'un nouveau scandale Pogacar, bien au contraire !
Reste à savoir maintenant qui aurait enfin intérêt à renverser la table pour nous éclairer et/ou nous rassurer : les médecins des équipes ? Les laboratoires pharmaceutiques ? Les pôles de recherches scientifiques ? ASO ? Les coureurs ? Les managers ? Les sponsors ? La Presse ? Les actionnaires majoritaires des équipes ?...J'ai bien peur que toutes les composantes de cette tribu se tiennent par les C...mains, ouf !
PS : si, par miracle, Monsieur Jonas Vingegaard renversait le Tour de France dans la dernière semaine, nous serions confrontés aux mêmes éternels dilemmes.



















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